A la conquête des étoiles de neige – Partie 1

Voici un conte de Noël sortit tout droit de mon imagination. La période est propice 🙂 Synopsis :

Altis, un jeune garçon, va devoir affronter plusieurs épreuves s’il veut revenir avec les étoiles de neiges de la forêt Sans Nom ! Retombez en enfance et oubliez les limites de la réalité, ici, tout est possible !

Le conte sera publié en trois parties afin de créer un petit suspense. J’espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que j’en ai eu à l’écrire.


Il était une fois, dans un pays lointain, un petit village perché en haut d’une colline. A cette époque de l’année, n’importe quel voyageur pouvait repérer le village au loin, simplement en élevant le regard vers les volutes de fumée qui s’échappaient sans discontinuer des cheminées. Un froid glacial rongeait toute forme de vie et les habitants de la Comté ne quittait guère leur chaumière qu’en cas d’extrême nécessité, comme pour aller chercher de l’eau ou du bois pour le feu.

Noël approchait à grands pas, avec son cortège de cadeaux, de festivités et de bonne humeur. Chacun s’échinait à faire de cette journée la plus belle de l’année malgré les tornades glacées qui s’abattaient sans relâche dans les ruelles et sur la place du village où un arbre géant avait été installé. La tradition voulait que ce sapin majestueux soit décoré de magnifiques et précieuses étoiles de neige qui ne poussent que sur les arbres de la forêt Sans Nom, à mille lieux de la Comté. Autant dire que le voyage pour aller cueillir ces étoiles de neiges était on ne peut plus périlleux.

Le roi choisissait tous les ans avec précaution l’homme le plus valeureux, le plus brave et le plus fort du village pour accomplir ce long périple. La traversée du Marais des Âmes prenait à elle seule 2 à 3 journées durant lesquelles relâcher son attention l’espace d’un instant pouvait être synonyme de mort.

Cette année, le roi et les villageois tremblaient. Non pas de froid, mais de terreur. Vilnius, l’homme qui avait été désigné par le roi pour aller chercher les étoiles de neiges se faisait attendre depuis déjà 2 jours. Le bon roi, dans toute sa sagesse, décida d’envoyer un homme en lequel il avait toute confiance pour partir à la recherche de Vilnius. Seulement, il ne revint jamais au village, tout comme Vilnius. La peur gagnait tous les habitants de la Comté comme un feu se propage sur un champ de blé.

Le roi décida de réunir ses conseillers afin de prendre la meilleure décision. Fallait-il abandonner ces hommes qu’on croyait morts et rompre la tradition séculaire des étoiles de neiges ? Non, c’était impossible, comme le souligna Gandalf, le plus proche conseiller du roi : – « Messire, nous ne pouvons vivre dans la crainte et rompre nos traditions les plus anciennes. Nous devons porter secours à nos valeureux sujets qui sont partis, au péril de leur vie, chercher les étoiles de neige de la forêt Sans Nom qui illuminent depuis des siècles le visage de nos enfants. Renoncer à ces étoiles reviendrait à renier notre culture, notre identité. »

Le roi, en accord avec Gandalf, prit donc la décision qui lui semblait la plus appropriée.

Altis se réveilla au son de la foule qui s’entassait sur la place du village recouverte d’une épaisse couche de neige. Il jeta un coup d’oeil par la fenêtre de la salle à manger et aperçu la masse grouillante et bigarrée qui stagnait devant un large panneau de bois auquel était accroché un parchemin émanant du roi. Alors qu’il avait le nez collé sur la vitre qui s’opacifiait au rythme de sa respiration , il reçut un violent coup de pied sur sa jambe :

– « Dis donc petit sagouin ! C’est toi qui nettoie les vitres ?! Arrête de rêvasser et va chercher du bois ! »

Son père le prit par le col, ouvrit la porte d’entrée et jeta Altis aussi loin qu’il le put. Le froid dévora chaque partie du corps d’Altis qui trébucha deux fois avant d’atteindre la remise. Les jambes grelottantes, il se saisit d’une dizaine de bûches qu’il entassa sur ses bras au point de lui cacher la vue. Il marcha donc à l’aveugle jusqu’à la porte d’entrée, en faisant bien attention à ne pas glisser sur une plaque de verglas. De retour à l’intérieur, il plaça quelques bûches dans l’âtre de la cheminée et attendit que le feu reprenne de plus bel afin de réchauffer ses membres engourdis par le froid. A peine commençait-il à ressentir les bienfaits de la chaleur que son père lui demanda d’aller voir pourquoi tout ces gens s’entassaient sur la place du village. Altis prit donc des vêtements chauds et, le ventre vide, se dirigea vers la foule difforme.

Très porté sur la boisson depuis la mort de son épouse, le père d’Altis avait perdu le goût de vivre. Il n’avait aucune estime pour son seul enfant et Altis avait appris depuis bien longtemps à se débrouiller seul. Frêle et timide, c’était pourtant un enfant malicieux et plein de ressources.

Tant bien que mal, Altis se faufila jusqu’à arriver devant le fameux panneau qui attirait tous les regards. Du brouhaha ambiant se dégageaient des expressions marquant la surprise « Ben ça alors ! » ou la crainte « Que va devenir notre village ? ». La tension était aussi palpable que le froid qui piquait les joues rougies d’Altis. La tête pleine de question, il se mit à lire la belle écriture manuscrite :

 »Mes très chers sujets,

Je dois vous faire part d’une nouvelle qui m’attriste au plus profond de mon être. Vilnius, l’homme que j’ai chargé de ramener les étoiles de neiges de la forêt Sans Nom, n’est toujours pas revenu de son voyage. C’était pourtant l’homme auquel j’avais le plus confiance pour accomplir cette mission. J’ai donc envoyé il y a quelques jours un éclaireur à sa recherche dont nous n’avons toujours pas de nouvelles. Je crains qu’il leur soit arrivé malheur.

Aujourd’hui, je fais appel à vous car j’ai besoin de volontaires pour partir sur leurs traces et ramener les étoiles de neige avec lesquelles nous fêtons Noël depuis la nuit des temps.

Celui qui reviendra avec les étoiles de neige et les disparus se verra offrir le poste de commandant en chef des armées de la Comté, car il aura prouvé son intelligence et sa bravoure.

Que les plus courageux d’entre vous inscrivent leur nom sur la liste ci-dessous !

Le Roi. »

Altis approcha sa main de la plume destinée à écrire son nom sur la liste des volontaires, désespérément vide, quand toute la foule retint sou souffle. On avait alors l’impression de pouvoir entendre le bruit sourd des flocons s’écrasant avec légèreté sur l’épais tapis de neige recouvrant les pavés de la place du village. D’un geste assuré, la main d’Altis saisit fermement la plume et dessina les lettres de son prénom. Altis se retourna et fit face à la foule ricanante qui s’écarta pour le laisser passer. Comment pouvait-il être pris au sérieux ? Lui, le fils d’un alcoolique sans capacité pour le combat, frêle et timide, dont personne n’avait entendu parlé si ce n’est concernant sa condition de misérable ?

Altis ne savait pas comment il pourrait réussir cette mission. Il savait simplement qu’il devait faire quelque chose pour prendre en main son destin, peu importe ce qu’il devait endurer pour cela.

Altis rentra chez lui le cœur remplit d’espoir. Il s’entendait déjà annoncer à son père comment la foule avait réagi lorsqu’il avait inscrit son nom sur le parchemin et qu’il allait tout faire pour obtenir ce poste de commandant des armées. Ainsi, il pourrait peut-être faire oublier à son père toute la tristesse qui l’habitait. Mais quand Altis rentra chez lui, son père n’était pas là et le feu s’était consumé. Toute comme la joie d’Altis.

Fin de la première partie.

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