A la conquête des étoiles de neige – Partie 2

Voici la deuxième partie des aventures du jeune Altis ! Vous trouverez ci-dessous un petit résumé de la partie précédante pour celles et ceux qui l’auraient loupée.

Altis, un jeune garçon qui veut changer de destinée, décide de partir à la conquête des étoiles de neige suite à la demande du roi. Deux hommes ont déjà fait le voyage mais ne sont jamais revenus de la forêt Sans Nom or, ces étoiles sont attendues avec impatience par tous les villageois de la Comté. Altis a donc décidé de se nommer volontaire pour effectuer ce périlleux voyage. Alors qu’il rentre chez lui annoncer la nouvelle à son père, celui-ci est absent et Altis se retrouve seul chez lui, avec pour seule compagnie son envie de prendre en main son destin.


Alors que les derniers rayons du soleil d’hiver déclinaient, Altis entendit des bruits de pas qui se dirigeaient vers la porte d’entrée de la maison. Intrigué, il s’approcha de la porte et tendit l’oreille. On frappa trois coups. En ouvrant la porte, Altis eut la surprise de découvrir qu’il ne s’agissait pas du propriétaire de la taverne lui demandant d’aller récupérer son père affalé au bar, mais un membre de la garde royale. Ce dernier demanda à parler à un dénommé Altis qui, la gorge sèche, répondit qu’il l’avait devant lui. Le garde lui demanda alors de l’accompagner jusqu’au château afin de rencontrer le roi. Altis réagit comme si une telle requête lui arrivait couramment et accepta sans sourciller.

Le roi lui détailla les tenants et les aboutissants de la mission puis lui exprima toute sa gratitude. Il souligna cependant une réserve. Altis ne semblait pas taillé, tout au moins physiquement, pour une telle mission. Si le roi était convaincu, après avoir beaucoup dialogué avec Altis durant cette entrevue, de la rapidité de son esprit, il doutait de sa force et de sa résistance. Le roi eut en fin de compte toutes les peines du monde à faire comprendre à Altis qu’il n’avait pas été retenu quand soudain, un autre membre de la garde royale fit son apparition accompagné d’un solide mais vaniteux bonhomme.

– « Mon bon roi, déclama-t-il sans y être invité, laissez-moi rendre ce service à la Comté. Laissez-moi ramener les étoiles des neiges et les disparus. J’aurai vite fait de remplir ces épreuves de pacotilles et de terrasser les vils ennemis que je rencontrerai sur ma route. Oubliez donc ce minus incapable et laissez opérer Bagnus le Terrible ! »

Le roi retint deux choses suite à l’entrée tonitruante de Bagnus : sa vanité et sa force. Ne pouvant pas envoyer n’importe qui pour cette mission de la plus haute importance, il consulta Gandalf assis à ses côtés qui lui chuchota quelques mots à l’oreille. Alors le roi prit la parole : – « Messieurs, vous pouvez faire vos bagages, vous partez cette nuit.

– Comment ça, « messieurs », s’écria Bagnus ?

– Votre force serait bien inutile sans la malice de ce jeune garçon ! »

La lune éclairait de sa lumière blafarde les visages de Bagnus et d’Altis qui attendaient à la sortie du village la venue du roi. Bagnus semblait d’un calme olympien. Aucune expression ne pouvait se lire sur son visage, si ce n’est l’ennui le plus total. Altis, quant à lui, ne tenait pas en place. Il faisait les 100 pas lorsque le roi les rejoignit. Il leur remit à tous deux un présent de la plus grande valeur : une cape tissée par les fées qui hantent le volcan près du marais des Âmes. Dès qu’il l’enfila, Altis ne ressentit plus l’effet du froid et se réchauffa instantanément. Bagnus la mit dans son sac en prétextant ne pas craindre le froid, remercia le roi, puis ouvrit les lourdes portes de bois qui barraient l’entrée du village à la tombée de la nuit. Altis jeta un dernier regard sur la Comté puis rejoignit Bagnus qui referma dans un grincement sinistre les immenses portes qu’Altis n’avait jamais franchi auparavant.

***

Un vent émanant des montagnes de l’Est griffait le visage d’Altis de son froid glacial. Aussi loin qu’il pouvait voir, toute n’était que neige et silence. En contamplant le ciel d’un bleu obscur parsemé d’étoiles, il prit soudain conscience de la difficulté du voyage qui l’attendait. Lorsqu’il baissa les yeux, Bagnus avait disparu. D’abord pris de panique face à cet imprévu, il retrouva vite son calme. Lorsqu’il avait inscrit son nom sur la liste des volontaires, il ne s’attendait pas à être accompagné. Et surtout, il voulait prouver à toute la Comté qu’il était capable de grandes choses. C’est donc seul qu’il rejoignit le sentier enneigé menant à la forêt Sans Nom. Alors qu’il amorçait ses premiers pas, Altis remarqua d’autres traces dans la neige qui coupaient à travers la vallée. Bagnus ne comptait sûrement pas suivre le sentier qui n’était pas le chemin le plus direct jusqu’à leur destination.

Les premiers rayons du soleil faisaient leur apparition derrière les montagnes des Titans, au delà desquelles poussaient les arbres majestueux de la forêt Sans Nom. Altis avait marché toute la nuit sans faire de halte et il sentait qu’il était grand temps de se reposer un peu. Il cherchait un endroit pour se protéger du vent lorsqu’il entendit une voix gémir. Il inspecta les environs et trouva, derrière un bosquet, un homme bandé de la tête aux pieds, qui semblait souffrir le martyr. Altis demanda naïvement à l’inconnu ce qu’il faisait au beau milieu de nulle part et ce dernier lui répondit qu’il avait été chassé de son village à cause de la lèpre qui dévorait progressivement son corps. La voix du lépreux tressaillait et témoignait d’une grande faiblesse. Altis ouvrit son sac, sortit de son sac du bois sec et fit un feu pour réchauffer une soupe de légumes qu’il partagea avec le lépreux. Ce dernier regagna petit à petit des forces et promit à Altis de regagner la Comté où il serait bien accueilli. Avant que leur route ne se sépare, le lépreux remit à Altis un objet très singulier. Il s’agissait d’un morceau de pierre taillé grossièrement en forme de cylindre, particulièrement lourd en comparaison de sa taille. Altis le glissa dans son sac, remercia le lépreux et regagna le sentier en direction des montagnes des Titans.

Après deux journées de marche éprouvantes, Altis se trouva nez à nez avec les Titans, qu’il lui faudrait contourner pour gagner le marais près du volcan des Fées. Autant dire qu’il serait beaucoup plus rapide de traverser les montagnes… Altis n’était plus seul à son arrivée au pied des Titans. Au cours de son chemin, il avait ramassé une grenouille prise au piège par le gel qui s’était refermé comme un étau autour d’une de ses pattes. Le pauvre animal n’aurait jamais pu survivre sans l’intervention d’Altis qui fit fondre la glace en étalant sa cape des Fées sur la surface gelée, libérant ainsi la grenouille qu’il comptait déposer au marais au cours de son périple. En attendant, il avait placé la grenouille dans la poche avant de sa cape, qui ne sortait que très rarement la tête de ce cocon chaleureux et doux. Mais à chaque fois qu’elle s’y risquait, Altis tordait le cou à la solitude qui pesait lourdement sur son moral en s’adressant à la grenouille qu’il avait surnommé Vénitie. Elle n’avait guère de conversation mais elle semblait comprendre tout ce qu’il lui disait.

En longeant le flanc des montagnes, Altis remarqua qu’il n’y avait aucune trace de neige dans les environs. Le sol était rocailleux, humide et glissant. La chaleur que dégageait le volcan devait être responsable du climat tempéré qui subsistait dans cette zone désolée. En élevant le regard vers le pic du volcan, Altis apercevait des formes fines et effilées tournoyer rapidement dans les fumeroles grisonnantes s’échappant du cratère. Sans doute les Fées.

La fatigue aidant, Altis avait la désagréable impression de tourner en rond. Il lui semblait qu’il n’arriverait jamais jusqu’à l’entrée du marais en contournant les montagnes. Le paysage ne changeait guère au fil des mètres qu’il parcourait lentement : pierres, chaleur et désolation. Au loin, des cris gutturaux et effroyables. Le sifflement des fées formant des cercles concentriques bourdonnant à ses oreilles. Quand soudain, Vénitie émit un croassement des plus singuliers. Altis stoppa net et considéra avec curiosité la grenouille qui semblait surexcitée. Ne comprenant pas ce qui faisait réagir ainsi Vénitie, il jeta un regard consciencieux autour de lui et se glissa derrière une grosse pierre, persuadé qu’un danger imminent approchait. Il patienta, tous les sens en éveil et le cœur battant la chamade que quelque chose se passe. Seulement, rien ne se produit. Accroupi, il se souleva timidement et regarda par dessus le rocher derrière lequel il avait trouvé refuge. Personne. Par contre, le rocher présentait en son milieu une caractéristique des plus étranges. Il comportait un trou qui semblait s’enfoncer assez profondément au cœur de la roche.

Son sang ne fit qu’un tour et son esprit fit vite le rapprochement. Il fouilla dans son sac et sortit le cylindre que lui avait remis le lépreux. Il l’enclencha sans difficulté, malgré l’irrégularité de la roche. Il entendit alors un grondement sourd provenir des profondeurs de la terre et la pierre se déplaça lentement sur la droite, laissant apparaître un sombre tunnel qui prenait la direction des montagnes. Altis remercia Vénitie et descendit dans le tunnel.

Le passage était plongé dans l’obscurité la plus totale. Altis rampa l’espace d’un instant qui lui sembla durer une éternité pour finalement apercevoir quelques minces filets de lumière qui s’immisçaient à l’autre bout du tunnel. La sortie était toute proche. Quand il émergea des abysses terrestres, son visage perlé de sueurs fut frappé par la chaleur qui régnait dans les marais. Il s’approchait enfin de la forêt Sans Nom.

Fin de la partie 2.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *