[Critique] La route avec Viggo Mortensen

Le cinéma, c’est un peu comme les grandes vacances et la mer.

Vous avez le choix entre la Côte d’Azur, ses gonzesses siliconées, ses boîtes branchées, ses plages recouvertes de corps et son inimitable odeur monoï/graisse, ou l’Atlantique, ses plages immenses, sa nature sauvage et vivifiante,etc, etc…

La Côte d’Azur ces trois derniers mois, avait les noms de 2012 et d’Avatar.

Deux éclipses king size que les mayas n’avaient pas prévu, deux arraches-rétines qui finalement laissaient un goût un peu (beaucoup ?) amer, celui d’avoir assisté à un spectacle époustouflant, mais terriblement creux ou banal.

Ecrasés sous ces milliards de dollars, il y avait Esther, REC2, ou encore La Route.

La Route donc, réalisé par John Hillcoat (d’après le roman de Cormac McCarthy, en vogue depuis No Country for Old Men), avec Viggo Mortensen (très connu et excellent) et Kodi Smit McPhee (pas connu et tout aussi excellent).

L’histoire est simple. L’Apocalypse a eu lieu, le monde se meurt lentement, et sur ses routes désolées, on suit un père et son fils, partis en destination « du Sud ».

Ici, pas de météorites tueuses, pas de volcan furax ou de vague de 1000 mètres venue permettre aux bonzes tibétains de s’adonner au surf.

Juste un monde en ruine (mention spéciale aux décors stupéfiants), ou l’Humanité, physique et morale se meurt.

Il y est question de milices armés, de cannibales, d’êtres humains cherchant à survivre.

Avec au milieu cet homme, dont le lien avec le monde passé, la raison de vivre reste son fils.

Le film questionne la foi. Pas celle en Dieu, tout le monde s’en fout dans le film, mais celle en l’homme, en sa nature et en son hypothétique avenir.

La Route est un film dur. Violent. Moralement. Physiquement.

Que ce soit à la vue des corps crasseux et amaigris des deux acteurs (qui livrent une performance remarquable. Leur jeu est sobre, leur engagement certain) et de ce qu’ils endurent, de ces quelques scènes suggérant le cannibalisme, ou de cette éventualité planante du suicide, le film dans sa monstration de la survie et de la désolation vous colle un sévère coup de poing dans le ventre.

Un peu comme le cruellement sous-estimé Démineurs de Katheryn Bigelow.

Ce genre de film duquel vous ressortez en vous posant quelques questions, et durant lequel vous vivez quelque chose, bien au delà de l’image. Ce genre de film qui, pour paraphraser Lars Von Trier est « comme un caillou dans une chaussure« .

La Route est à voir. Pas par tous les yeux, c’est entendu, mais il serait dommage de ne pas laisser les vôtres lui donner une chance.

« Un cinéaste, ça se demande comment va le monde. S’il ne pose pas cette question, il fait du cinéma qui se prend le pouls. »
Téchiné a -peut-être- raison.

Note : 4/5

4 Commentaires

  1. NiSTyK

    Je suis plus attiré par ces films dont on ne parle pas tellement au final ou bien qui sont totalement cachés à cause d’autre gros film sorti dans la même période.
    Merci pour ta critique, il faut vraiment que je pense à le voir.

  2. mi

    NiSTyK

    Fais vite…..

  3. kameyoko

    Moi aussi faut que j’aille le voir, mais ça va être chaud. Je ne suis pas sûr de le trouver encore à l’affiche. Malheureusement ce film est sorti à une mauvaise période (au niveau des autres films présents, ou bien pour moi).

    Mais j’aimerai beaucoup le voir. Je suis fan de tout ce qui touche à la survie et au post-apocalyptique.

    Ta critique confirme ce que j’ai lu à droite et à gauche.

    Et puis Viggo quoi!! Aragorn forever!

  4. Aleks

    Il n’est pas encore sorti chez nous 🙁 . C’est pour la semaine prochaine, on ira le voir le jour même car c’est un film qu’on attend avec beaucoup d’impatience.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *