Critique Usain Bolt, l’homme le plus rapide du monde !

Sorti en DVD et Blu-Ray le 27 juillet dernier, le documentaire de Gael Leiblang sur Usain Bolt est une perle rare. Que l’on aime ou pas celui qui s’auto-proclame un « génie », il a le mérite de dessiner en filigrane tous les sacrifices, les moments de doutes et les difficultés qui sont aussi le quotidien d’un athlète de haut niveau.

En ouvrant son sujet sur le faux départ catastrophique des Championnats du Monde de 2011 en Corée du Sud, le réalisateur montre d’emblée qu’il cherche à dresser un portrait-vérité dépouillé de toute complaisance.  Gaël Leiblang montre tout : la douleur, la concentration, l’acharnement, et les entraînements intensifs qu’il faut sans cesse recommencer. Usain grimace, vomit, les larmes aux bords des yeux dans les moments les plus durs. Mais jamais il ne demande à éteindre cette caméra qui le traque en permanence.

J’ai lu un article du réalisateur dans le Huffington Post  qui met en lumière cet apparent détachement quant à l’opinion des autres :  « Sept mois de tournage et une liberté totale. Usain est cool, à l’aise, ne calculant pas son image. Blagueur, charmeur, râleur. Il est généreux avec la caméra et ne m’a jamais demandé d’arrêter de filmer. Un rêve absolu dans un monde du sport devenu une pompe à fric sans limites. (…)  Usain n’est pas seulement un extra-terrestre sur la piste. Il est aussi plein d’humanité. »

Seulement d’humanité ? Je me demande si l’envie de montrer les coulisses des performances n’est pas plutôt le révélateur d’une fragilité (la peur de ne pas être considéré pour ce qu’il est réellement) ou d’un égocentrisme exacerbé.  Usain fait le show, jusqu’au bout….

Mais en tant que spectateur, il est impossible de ne pas apprécier cette immersion sans fards dans la vie du sportif. On a un peu l’impression de partager le quotidien du jamaïcain des pistes de Kingston jusqu’aux compétitions sportives les plus réputées. Avec en toile de fond, omniprésente, l’ambition de devenir et de rester un sprinter d’exception qui domine chaque moment de la vie d’Usain.  Cette volonté de fer a même réussi à triompher de ce qui semblait être un handicap : son corps. Sa morphologie n’est pas celle d’un sprinter ? Peu importe. Usain invente sa propre façon de courir, le buste bien droit, pour atteindre des foulées de 2,70 m !

J’ai été séduit par le personnage, très attachant,  et par cette plongée dans la vie de l’homme le plus rapide du monde.

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