A la conquête des étoiles de neige - Partie 3
Par delfivio le lundi, 24 décembre 2007, 10:50 - Insolites - Lien permanent
Celle que vous attendez tous, celle qui trouble votre sommeil, la voici, la voilà, j'ai nommé la troisième et dernière partie du conte ! Voici un résumé des deux premières parties afin de vous rafraîchir la mémoire si besoin est :
Altis, un jeune garçon qui veut changer de destinée, décide de partir à la conquête des étoiles de neige suite à la demande du roi. Deux hommes ont déjà fait le voyage mais ne sont jamais revenus de la forêt Sans Nom or, ces étoiles sont attendues avec impatience par tous les villageois de la Comté. Altis a donc décidé de se nommer volontaire pour effectuer ce périlleux voyage. Alors qu'il rentre chez lui annoncer la nouvelle à son père, celui-ci est absent et Altis se retrouve seul chez lui, avec pour seule compagnie son envie de prendre en main son destin. Après une entrevue avec le roi et le conseiller, Altis quitte la Comté en compagnie de Bagnus le Terrible, une brute qui abandonne Altis dès le départ de leur périple. Altis, au cours de son voyage, vient en aide à un lépreux qui lui remet un cylindre de pierre et sauve une grenouille extraordinaire qu'il surnomme Vénitie. Cette dernière lui indique un passage secret pour le marais des Âmes qu'Altis peut ouvrir grâce au cylindre que lui a donné le lépreux. Il arrive alors dans les marais et approche de son but : la forêt Sans Nom !
Altis avait l'impression d'évoluer dans un four. La proximité du volcan, qui jouxtait les marais, créait un halo de chaleur insupportable. Altis voulut retirer sa cape mais à peine en eut-il soulevé un pan qu'il sentit une intense chaleur se propager le long de son bras au point de lui laisser une légère brûlure. La cape des Fées réservait bien des surprises : elle protégeait aussi de la chaleur !
Altis fit quelques pas en avant et regarda autour de lui. Sur sa gauche et derrière lui, le flanc des montagnes luisant gisait sur le sol et agissait comme une frontière entre deux mondes hébergeant deux écosystèmes totalement en opposition. Sur sa droite, le volcan des Fées ne cessaient de crachoter ses volutes de fumées qui rendaient l'atmosphère ambiante cotonneuse. En face de lui, le marais des Âmes bouillonnait bruyamment. En s'approchant de l'eau vaseuse d'où se dégageait une épaisse vapeur et une odeur pestilentielle, Altis chercha un moyen de contourner le marais. Seulement, la traversée était incontournable. Il avança au plus près du marais et trempa le bout de ses doigts avec crainte dans l'eau verdâtre. Aussitôt que ses doigts furent en contact avec l'onde, il les retira d'un geste frénétique : l'eau était brûlante.
C'est à ce moment que Vénitie choisit de sauter hors de sa cachette pour plonger dans le marais, sans meme se retourner pour saluer Altis qui ne chercha pas à la rattraper , sachant pertinemment qu'elle avait ici retrouvé son milieu naturel. Assis sur son séant en train de réfléchir à une solution pour traverser ces eaux d'une chaleur diabolique, Altis remarqua du mouvement sur le marais. L'eau s'agitait doucement et une petite vague se dirigeait dans sa direction. Il distingua alors une vingtaine de grenouille, toutes similaires à Vénitie, qui tirait un gigantesque nénuphar. Vénitie, lorsqu'elle atteignit le bord du marais, sauta sur le pied d'Altis puis bondit sur le nénuphar. Altis comprit parfaitement le message mais demanda :
– « Comment ce nénuphar pourrait me porter, Vénitie ? Je suis beaucoup plus lourd que toi ! »
Suite à cette question, Vénitie fixa Altis droit dans les yeux puis plongea sous le nénuphar qu'elle tira vers l'arrière. Altis découvrit alors une armée de grenouille agglutinée les unes aux autres qui, ainsi positionnées, formaient un radeau vivant sous le nénuphar. Altis sourit, posa délicatement un premier pied sur le nénuphar puis, après avoir testé la fermeté de ce radeau extraordinaire, ramena son deuxième pied sur l'embarcation. Vénitie pris la tête du cortège et le nénuphar se mit à avancer gracieusement au fil de l'eau, en direction de la forêt Sans Nom. Altis s'assit et se laissa transporter.
Une fois arrivé de l'autre côté de la berge, il remercia toutes les grenouilles qui lui avaient prêté main forte et sans lesquelles il aurait dû traverser à la nage les eaux brûlantes et vaseuses du marais. Vénitie le regarda longuement de ses yeux globuleux puis regagna la berge pour disparaître à jamais.
Altis apercevait au loin la cime glacée des arbres de la forêt Sans Nom. Encore une heure de marche et il parviendrait jusqu'aux étoiles de neige. Il se mit donc en route plein d'espoir et quitta la chaleur torride du marais pour emprunter un chemin boueux qui serpentait à travers les collines juqu'à la masse verdâtre et touffue qui masquait l'horizon. Plus il s'éloignait du marais et du volcan, plus le froid et la neige reprenaient leurs droits. Bientôt, du gel se forma au bout de ses cils et il affronta un puissant blizzard.
Après deux heures de lutte contre les éléments, Altis parvint jusqu'à l'orée de la forêt Sans Nom. Ses arbres gigantesques ne perdaient par leurs feuilles en dépit du froid glacial qui régnait sur cette région, c'est pourquoi l'on conférait à cette forêt des pouvoirs surnaturels. A peine Altis eut pénétré dans la forêt qu'il entendit un piaillement très faible émaner d'un buisson touffu. En s'approchant, il perçut de nouveau un son aigü s'échapper des minces branchages qu'il écarta largement pour inspecter l'intérieur de l'arbuste. Il trouva un oisillon hagard et faible, encore trop jeune pour avoir la force de s'échapper de cette toile d'araignée végétale. Altis inspecta la cime des arbres aux alentours et tendit l'oreille à d'autres piaillements. Juste au dessus de sa tête, il découvrit un nid de grande taille fabriqué à partir de brindilles de bois. Il prit soin ramasser l'oisillon avec une grande précaution puis le déposa dans la poche avant de sa cape, là même où avait séjourné Vénitie. Après une escalade rapide sur cet arbre , il arriva au niveau du nid et déposa l'oisillon au milieu de ses frères et soeurs.
De retour sur terre, Altis prit la direction du Nord afin d'atteindre la clairière au milieu de la forêt où poussent, sur un seul et unique arbre, les étoiles de neiges pour lesquelles il avait parcouru tout ce chemin.
La forêt était très dense et la végétation luxuriante, ce qui rendait la traversée éprouvante. Au fur et à mesure qu'Altis approchait de la clairière, les cris abominables qu'il avait entendu lors de son arrivée au marais se faisaient plus clairs et plus distincts. Malgré la cape des Fées qu'il portait sur lui, un frisson glacial remonta le long de son dos juqu'à atteindre sa nuque, tel un serpent. La peur l'envahissait comme une ombre progresse au gré de la position du soleil.
Arrivée à quelques mètres de la clairière, Altis ne perçut plus aucun bruit. Le pépiement des oiseaux avait disparu et les cris bestiaux s'étaient soudainement évanouis. Rassuré, Altis avança jusqu'au bord de la clairière. Il vit alors l'arbre le plus beau et le plus gigantesque de toute la forêt. Son feuillage dense et verdoyant dansait au rythme du vent. Au pied du tronc immense, un haut panier d'osier reposait contre l'écorce de l'arbre centenaire. Altis s'avança et regarda à l'intérieur du panier : il était rempli jusqu'à rabord d'étoiles de neiges. Quelqu'un les avait déjà toutes cueillies. Altis se retourna après avoir entendu un branchage craquer et il vit Bagnus, sale et titubant, surgir dans la clairière.
« – Laisse-moi les étoiles, elles sont à moi ! »
Altis prit le panier à deux mains et courut dans la direction opposée à celle de Bagnus en espérant s'enfuir dans les bois. Mais un grondement retentissant le figea sur place. A sa droite, un cyclope gigantesque à la peau jaunâtre ne semblait pas décider à laisser Altis regagnait l'intérieur de la forêt. Le monstre, qui devait bien faire 3 fois la taille d'Altis, se déporta sur le côté et bondit devant lui. Altis fit volte-face et détala en direction de Bagnus qui arrivait lancé comme une balle vers l'arbre aux étoiles. Le cyclope poursuivait Altis de très près et il aurait presque pu l'attraper par le col si son bras avait été quelques centimètres plus long. Altis fonçait vers Bagnus qui lui aussi prenait de plus en plus de vitesse. Le choc entre les deux hommes, qui couraient l'un vers l'autre avec l'énergie du désespoir, aurait pu être d'une violence rare si Altis, au dernier moment, ne fit pas un pas de côté pour éviter Bagnus qui se retrouva nez à nez avec le cyclope qui fusait aussi vite qu'un guépard avec la force d'un taureau. Malheureusement, Bagnus ne sut éviter l'horrible créature qu'il heurta de plein fouet. Altis entendit un bruit mat d'os brisés et n'osa pas se retourner, d'autant plus que le choc n'avait pas ralenti pour le moins du monde le cyclope.
Une folle course poursuite s'engagea alors dans la fôret où Altis avait l'avantage, puisqu'il était plus habile et plus mobile que la gigantesque montagne de muscles à ses trousses.
Hors d'haleine, Altis chuta sur une racine à quelques mètres du sentier menant au marais et roula jusqu'à l'orée du bois. Sonné et perdu, il reprit rapidement ses esprits à la vue de la masse jaunâtre tâchée de sang qui dévalait vers lui sauvagement. Il tenta de se relever en titubant, mais ses jambes furent incapables de le soutenir convaneblement. Le panier qui contenaient les étoiles s'était échoué quelques mètres plus loin et Alti rampait dans l'espoir fou de le récupérer avant le cyclope. Altis jeta un coup d'oeil par dessus son épaule et sa respiration se coupa : dans un mètre, le cyclope l'écraserait comme un vulgaire cloporte. Désespéré, il pensa à son père. Au village. A sa mère qu'il avait perdu très jeune. Avec courage, il se retourna et fit face au cyclope. Soudaienement, un aigle royale fusa dans les airs et planta ses serres puissantes dans l'oeil du cyclope qui s'effondra dans un énorme fracas. Altis, encore sous le choc d'avoir frôlé de si près la mort, contempla l'aigle à qui il devait la vie qui venait de se poser à ses côtés. L'aigle majestueux le dévisagea longuement de son regard perçant et pris son envol vers la forêt pour retrouver ses petits.
Altis rassembla ses dernières forces, ramassa les étoiles de neige et les déposa dans le panier. 6 jours plus tard, il apercevait au loin les lourdes portes de bois de la Comté.
***
Le village fut extrêmement attristé qu'Altis revienne seul, sans Vilnius, sans l'éclaireur et sans Bagnus. Heureusement, lui était sain et sauf et de plus, il avait rempli sa mission puisqu'il avait avec lui les étoiles des neiges qui furent disposés avec beaucoup d'attention sur l'arbre de Noël qui trônait sur la place du village. Gandalf fit à ce sujet une confidence à Altis de la plus haute importance, que même le roi ignorait. Il lui révéla que les étoiles de neige de la forêt Sans Nom émerveillaient non seulement les villageois par leur magnificence, mais qu'elles protégeaient surtout le village du volcan du marais des Âmes. Sans les étoiles, la chaleur du volcan réduirait la Comté en cendres et seule l'action des étoiles de neige pouvaient empêcher ce maléfice.
Altis fut reçut par le roi au cour d'une cérémonie fastueuse. Il reçut le titre de chef des armées de la Comté et son père, au comble du bonheur suite à la promotion d'Altis, s'en trouva transformé et se fit forgeron. Il fabriqua pour l'armée du roi les armures et les épées les plus belles et les plus solides de tous les temps.
Quelques mois après sa nomination, Altis épousa la fille du roi. Ils vivèrent heureux et eurent beaucoup d'enfants.
FIN

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